Dans les tranchées, l'Afrique. L'aventure ambiguë

52m 07s

Pendant la Première Guerre mondiale, l’armée française manquant de soldats, enrôla 134 000 Africains dans ses rangs. Le film retrace les principales opérations militaires françaises, sur le front occidental, en soulignant cet aspect parfois méconnu. Pendant la bataille de Verdun, de nombreux tirailleurs sénégalais périrent. Il évoque le courage de ces soldats, le mode de recrutement en Afrique, l’ambiguïté du discours colonial républicain oscillant du paternalisme au goût de l’exotisme. Ainsi la république utilise-t-elle l’image du "bon Noir" pour l’opposer à la "barbarie" ennemie. Il montre aussi la réaction raciste des Allemands et des Alliés critiquant une France défendue par des "Nègres", s’interroge sur les relations qui existaient entre les Noirs et les "poilus" au front, sur les tensions entre la population et les Africains quand, à l’Armistice, la Rhénanie fut occupée. À l’issue de la guerre, peu d’entre eux ont obtenu de véritables promotions militaires. Bien que Blaise Diagne, premier député noir à l’Assemblée nationale, réussit à faire voter une loi conférant la citoyenneté française aux Sénégalais incorporés dans l’armée, peu y accéderont. Déçus par les promesses non tenues, certains Africains vont alors se tourner vers des mouvements indépendantistes dans leur pays. Le film commence et se termine par le témoignage de Jean-Pierre Koita évoquant la mémoire de son père, Demba Koita, qui venu du Sénégal à l’âge de 16 ans combattit pour la France pendant quatre ans. Puis, une voix-off présente les évènements non sans lyrisme tandis que des paysages calmes et harmonieux des lieux de bataille, des mémoriaux, les longs couloirs des tranchées transformées en musée, apparaissent sur l’écran, alternant avec de nombreuses images d’archives. Quelques spécialistes interviennent afin d’analyser certains points précis. Eric Deroo et Jean-Yves Le Naour étudient particulièrement la campagne raciale des extrémistes allemands, Marc Michel parle du recrutement, Philippe Dewitte de la démobilisation et Evelyne Desbois, ethnologue, raconte les rapports Noirs-Blancs dans l’armée Voir moins

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